Origines et évolutions

Si nous voulons vraiment parler de l’origine de la capoeira, il est indispensable de reprendre à partir de l’esclavage apparu au XVI siècle : avec la traite négrière, la circulation navale portugaise, avec les navires négriers, s’est développée sur quatre continents : en Europe, Afrique, Amérique et Asie. Des esclaves Bantous, d’Angola et du Mozambique et aussi du port de « São Jorge de Mina » (aujourd’hui Elmina au Ghana) ont été transportés au Brésil. C’était une forme d’organisation avec un but purement lucratif où l’humain était considéré comme un bien, une marchandise.

Les esclaves qui arrivaient au Brésil étaient utilisés dans différents secteurs : plantations de canne à sucre, les mines d’or, la pêche, la construction, les travaux domestiques…

Des esclaves étaient hébergés dans des endroits appelés « senzalas » dans des conditions sanitaire très difficiles. Ils y étaient enchaînés, pendant les courtes périodes de repos, leurs « propriétaires » craignant qu’ils s’enfuient.

Certains, ayant réussi à s’échapper, ont commencé à créer des refuges dans la foret : des « cilombos », un des plus connu était dirigé par Zumbi Dos Palmares (1655-1695) qui contribua à l’organisation de la résistance pendant une quinzaine d’année. Il fut trahi par son entourage et eu la tête tranché par les Portugais. Il devint un symbole de la lutte anti-esclavagiste et anti-colonialiste.

Les populations noires déplacées en Amérique du Sud ont co-créé, particulièrement sur l’aspect folklore, la culture Brésilienne, il est donc plus juste de parler de culture afro-brésilienne.

L’origine de la capoeira est controversée. Deux théories émergent : Waldelroi Rego avance que c’est une création des esclaves déportés au Brésil, quant à Soares, il pense qu’une forme de capoeira existait en Afrique avant l’époque coloniale.

La problématique est liée aux manques de textes et documents écrits, en effet, tous les registres concernant les peuples africains ont été détruit suite à une loi du gouvernement en 1890.

Historiquement, le terme ‘capoeira’ a été enregistré pour la première fois en 1712 par Rafael Bluteau. Puis, il est apparu dans la première édition du dictionnaire Iracema, en 1865, en tant que « Caa-Apuamera » qui signifie : l’île de la forêt déjà coupée.

Par la suite, plusieurs mots ont été trouvé, tels que : « co-puera », « caápuêra », « caapoêra » et « capoêra ». Finalement, le mot « capoeira » apparaitra dans le dictionnaire portugais avec plusieurs significations. Citons Aurelio de Holanda Ferreira : « C’est un jeu athlétique constitué d’un système d’attaque et défense à caractère individuel avec une origine typiquement brésilienne qui a émergé des esclaves provenant d’Angola[…] »

Tout au long du XIXème siècle et les trois premières décades du XXème siècle, la capoeira a souvent été associée avec des activités criminelles bien que l’on trouve quelques exceptions positives. Ce phénomène de voir la capoeira d’un aspect négatif est venu d’une vision avec un modèle européen pour référent.

Cependant, la capoeira a été valorisée par exemple lors de la guerre du Paraguay où le « capoeiriagem »(mouvement social de pratiquants) a servi le parti conservateur.

A SUIVRE…

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